Direction : Nathalie de Langlais
Flûte solo : Paul Gil
Soprano et cheffe de chœur : Céline Le Bihan
Alto : Josiane Manassès
Ténor : Thomas Gervais
Basse : François-Emmanuel Delisse
Dates : 17 février 2024 à Chantepie et 18 février 2023 à Saint-Gilles
Dans cet article, nous vous proposons de découvrir en détail les 3 pièces musicales qui seront jouées lors de ce concert.
Beethoven, Verhey et Mozart : présentation des œuvres
Ouverture de Coriolan de Beethoven (1770 – 1827)
En 1807, Heinrich-Joseph Von Collin (1772-1811), dramaturge oublié, demande à Beethoven une ouverture pour son Coriolan, un personnage inspiré du général romain Caius Marcius Coriolanus, surnommé Coriolan après la prise de la cité volsque de Corioles.
Malgré cette victoire, le Sénat refuse de l’élire comme consul et le condamne à l’exil. Il change alors de camp et rejoint les Volsques pour assiéger Rome. Les larmes et les prières de sa mère, de son épouse et des femmes romaines le font renoncer à son projet. Dans la pièce de Collin, Coriolan, incapable de résoudre son dilemme, se suicide.
Coriolan est-il un homme droit, entier, libre, ne cédant jamais à la foule et mourant incompris et rejeté ? Ou, comme pour Shakespeare, un héros tragique entraîné à sa perte par orgueil ? Est-il libre ou esclave ? Héros ou traître ?
Peindre musicalement un destin exceptionnel sous-entend de s’affranchir des règles communes de la forme sonate. Ce combat de Beethoven contre et sur la forme est philosophique autant qu’esthétique : il libère son imagination des contraintes de l’héritage classique, libère la musique de son rôle de divertissement pour lui conférer une dimension universelle.
L’ouverture de Coriolan expose les brisures de son héros par une brisure du temps et des accents (rôle primordial des silences), de la mélodie réduite à de simples cellules d’intervalles et de rythmes, et de la forme jusqu’aux accords finaux qui s’évanouissent sans réelle conclusion.
Concerto pour flûte de Verhey (1848 – 1929)
Soliste : Paul Gil
Le concerto pour flûte de Theodoor Verhey, intitulé « Concerto en ré mineur pour flûte et orchestre, Op. 43 », est une œuvre remarquable du compositeur néerlandais Theodoor Verhey. Composé vers 1898 et joué pour la première fois en 1899 par Jacques van Lier avec l’Orchestre Symphonique de Rotterdam, ce concerto offre une contribution significative au répertoire de la musique pour flûte.
L’œuvre est structurée en un seul mouvement divisé en trois sections distinctes. Elle présente des caractéristiques expressives et techniques propres à la flûte, mettant en valeur la virtuosité du soliste. La tonalité en ré mineur offre une palette émotionnelle riche et variée tout au long de la composition.
Vêpres solennelles d’un confesseur de Mozart (1756 – 1787)
Après un séjour à Paris où sa mère vient de décéder, Mozart retourne sans enthousiasme dans sa cité natale de Salzbourg auprès de son employeur le prince-archevêque Hieronymus (Jérôme) Colloredo.
C’est pendant cette période de deuil qu’il compose la Messe du Couronnement, les Vêpres du dimanche et les Vêpres solennelles d’un confesseur, trois œuvres religieuses majeures qui témoignent de la profonde dévotion et de l’exceptionnelle créativité de Mozart.
Composées en 1780, les Vêpres solennelles sont représentées le 30 septembre de cette même année, le jour de la Saint-Jérôme, fête du prince-archevêque Colloredo.
Écrite en ut majeur, l’œuvre en six mouvements comprend cinq psaumes et s’achève sur un Magnificat. Subtile mélange de grandeur liturgique et de sensibilité artistique, elle confirme la virtuosité magistrale du compositeur de 24 ans dans le domaine de la musique sacrée.


