Concert Noyal-sur-Vilaine - Novembre 2022 - Orchestre symphonique Ars Juvenis - Trombones - © Pierre Petron

Concerts de novembre 2023 à Betton et Dingé

Concert Noyal-sur-Vilaine - Novembre 2022 - Orchestre symphonique Ars Juvenis - Trombones - © Pierre Petron

Direction : Nathalie de Langlais 
Basson solo : Natacha Feuerle
Dates : 24 novembre 2023 à Betton et 25 novembre 2024 à Dingé

Dans cet article, nous vous proposons de plonger au cœur des 3 œuvres qui composent la programmation musicale de ce concert. De leur contexte historique à l’intention des compositeurs, en passant par les subtilités musicales, suivez-nous dans une exploration captivante. Que vous soyez un mélomane passionné ou simplement curieux, cet éclairage vous offrira une nouvelle perspective pour savourer chaque note lors de la représentation !

Beethoven, Rossini et Schubert : présentation des œuvres

En 1807, Heinrich-Joseph Von Collin (1772-1811), dramaturge oublié, demande à Beethoven une ouverture pour son Coriolan, un personnage inspiré du général romain Caius Marcius Coriolanus, surnommé Coriolan après la prise de la cité volsque de Corioles.


Malgré cette victoire, le Sénat refuse de l’élire comme consul et le condamne à l’exil. Il change alors de camp et rejoint les Volsques pour assiéger Rome. Les larmes et les prières de sa mère, de son épouse et des femmes romaines le font renoncer à son projet. Dans la pièce de Collin, Coriolan, incapable de résoudre son dilemme, se suicide.


Coriolan est-il un homme droit, entier, libre, ne cédant jamais à la foule et mourant incompris et rejeté ? Ou, comme pour Shakespeare, un héros tragique entraîné à sa perte par orgueil ? Est-il libre ou esclave ? Héros ou traître ?


Peindre musicalement un destin exceptionnel sous-entend de s’affranchir des règles communes de la forme sonate. Ce combat de Beethoven contre et sur la forme est philosophique autant qu’esthétique : il libère son imagination des contraintes de l’héritage classique, libère la musique de son rôle de divertissement pour lui conférer une dimension universelle.


L’ouverture de Coriolan expose les brisures de son héros par une brisure du temps et des accents (rôle primordial des silences), de la mélodie réduite à de simples cellules d’intervalles et de rythmes, et de la forme jusqu’aux accords finaux qui s’évanouissent sans réelle conclusion.

Le concerto pour basson daterait de la période 1845-1848. Rossini l’aurait écrit pour l’examen terminal de son élève Nazzaretto Gatti, alors qu’il était consultant au conservatoire de Bologne. Le compositeur avait pour habitude d’esquisser les contours de ses œuvres et d’en confier la réalisation à d’autres auteurs. C’est pourquoi les chercheurs s’interrogent sur le niveau d’investissement de Rossini dans l’écriture du concerto pour basson qui pourrait être le fruit de l’imagination de Nazzaretto Gatti. Cette œuvre virtuose constitue cependant une belle contribution au répertoire de cet instrument.


Allegro : de forme plus classique que romantique, ce 1ᵉʳ mouvement en si b majeur débute par une introduction orchestrale aux nuances très contrastées, renforcées par l’alternance entre bois et cuivres. La partie de basson se montre à la fois virtuose et chantante dans les divers registres de l’instrument.


Largo : dans ce mouvement lent en do mineur, l’expression d’une triste nostalgie domine. L’écriture opératique de Rossini imprègne ce passage particulièrement lyrique. L’orchestre se met au service du soliste qui développe toute l’expressivité du basson jusqu’au dramatique dénouement sur les trémolos des cordes et timbales.


Rondo allegretto : sans transition, le dernier mouvement débute sur un thème léger et dansant. L’humour et l’espièglerie de Rossini s’illustrent sans retenue. Les variations du thème donnent lieu à de nombreuses pirouettes et sauts d’octaves périlleux.

Elle a été composée en 1822. Schubert en aurait offert le manuscrit à Hüttenbrenner en remerciement pour son admission comme membre honoraire de la société musicale de Styrie. Elle ne sera jouée qu’en 1865. Les deux mouvements – au lieu de 4 – ne sont pas la seule singularité de cette symphonie : œuvre immobile qui semble n’avoir aucun but, rythme à trois temps qui tourne sur lui-même à l’allure sans cesse retenue et haletante avec un accompagnement en syncopes, utilisation de trois trombones font que cette œuvre se démarque des symphonies classiques et romantiques. Dès le 1ᵉʳ thème de la symphonie, « un enfant reconnaîtrait l’auteur », a écrit le critique Hanslick.

Affiche - Concerts à Betton et Dingé - Novembre 2023